Résumé
Goldman Sachs a publié une note le 7 avr. 2026 qui a signalé que les valorisations du secteur technologique étaient sensiblement comprimées par rapport aux sommets récents, créant ce que la banque a décrit comme un point d’entrée potentiellement attractif pour les investisseurs long terme (source : Yahoo Finance, 7 avr. 2026). La banque a pointé des multiples de valorisation qui sont revenus à des niveaux non observés depuis 2019, entraînés par une combinaison d’un guidage de chiffre d’affaires plus faible, de compression des multiples et de sorties de capitaux des stratégies orientées momentum. Les données de marché montrent une divergence notable : le Nasdaq 100 cote environ 12 % sous son niveau un an plus tôt début avril 2026, tandis que le S&P 500 est resté stable sur la même période (Refinitiv, 6 avr. 2026). Les flux institutionnels ont évolué : les gérants actifs dans la poche technologie ont enregistré des sorties nettes au T1 2026, alors que les mandats orientés valeur ont enregistré des entrées, d’après des trackers de l’industrie cités par Goldman. Ce rapport et le commentaire de marché qui a suivi ont ravivé le débat parmi les allocateurs pour savoir si la faiblesse des multiples reflète un changement structurel séculaire ou un creux cyclique offrant des opportunités d’achat sélectives.
Contexte
La note de Goldman intervient après une année d’augmentation de la différenciation au sein de ce qui avait été un groupe homogène de forte croissance. De la fin 2021 à 2023, les investisseurs payaient régulièrement des primes élevées pour des attentes de croissance du chiffre d’affaires et des bénéfices ; en revanche, la période de la mi‑2024 au T1 2026 a été caractérisée par des révisions à la baisse répétées des prévisions par de grands noms du logiciel et du cloud. Goldman a quantifié la compression des multiples par rapport aux pics antérieurs, en soulignant que le PER à terme médian d’un panier de grandes valeurs technologiques américaines s’était contracté près des niveaux de 2019 (Goldman Sachs, cité par Yahoo Finance, 7 avr. 2026). Cette réévaluation n’a pas été uniforme : les fournisseurs d’équipements pour semi‑conducteurs et les fournisseurs de matériel liés à l’IA ont globalement surperformé leurs pairs, tandis que les sociétés logicielles à multiples élevés liées aux dépenses informatiques discrétionnaires ont connu des baisses plus marquées.
Les variables macroéconomiques alimentent le débat sur la valorisation. Les taux d’intérêt réels — un moteur clé de la valorisation des actifs à longue durée — ont oscillÉ tout au long de 2025 et au début de 2026 ; Goldman a noté qu’une baisse d’un point de pourcentage du taux sans risque nominal élargirait sensiblement les valorisations des valeurs technologiques à longue durée, toutes choses égales par ailleurs. Parallèlement, les signaux de CAPEX issus des budgets informatiques des entreprises sont mitigés : certaines grandes entreprises reportent des projets, tandis que les hyperscalers continuent d’étendre leurs empreintes de centres de données. Pour les investisseurs institutionnels, cela crée un univers d’opportunités bifurqué où croissance à prix raisonnable et cycliques profonds coexistent au sein de la classification « technologie ».
Les évolutions politiques et réglementaires ajoutent un effet de second ordre. Le renforcement de la surveillance réglementaire dans l’UE et l’intensification des débats antitrust aux États‑Unis augmentent l’incertitude autour des modèles économiques des plateformes ; la note de Goldman souligne que ces risques réglementaires non linéaires sont valorisés différemment selon les entreprises et doivent être modélisés explicitement plutôt que d’être supposés inexistants. Dans leur ensemble, les vecteurs macro, résultats d’entreprise et réglementaires expliquent une partie de la contraction des multiples décrite par Goldman, mais pas la totalité : une part des ventes a également été motivée par le sentiment de marché, contribuant à la volatilité observée début 2026.
Analyse approfondie des données
La communication de Goldman a référencé trois points de données spécifiques que les allocateurs institutionnels devraient peser. Premièrement, la banque a observé que le PER à terme médian pour une cohorte sélectionnée de grandes valeurs technologiques américaines s’était comprimé d’environ 25 % par rapport à son récent pic, revenant dans une fourchette vue pour la dernière fois en 2019 (Goldman Sachs via Yahoo Finance, 7 avr. 2026). Deuxièmement, la performance au niveau marché montre le Nasdaq 100 en baisse d’environ 12 % en glissement annuel au 6 avr. 2026, tandis que le S&P 500 était à peu près stable sur la même période (Refinitiv, 6 avr. 2026). Troisièmement, Goldman a cité des mouvements de flux dans les fonds actifs : le T1 2026 a connu des sorties nettes de plusieurs milliards de dollars des ETF tech orientés croissance, tandis que les stratégies orientées valeur et diversifiées ont enregistré des entrées nettes (trackers de flux de l’industrie cités par Goldman, avr. 2026).
Les comparaisons transversales apportent une clarté supplémentaire. Les entreprises d’équipement en capital pour semi‑conducteurs et certains fournisseurs de matériel d’entreprise ont généré des rendements absolus positifs au T1 2026, surperformant le cohort technologique plus large de 600 à 900 points de base, soulignant la divergence actuelle entre les bénéficiaires du matériel/CAPEX et les sociétés logicielles/SaaS dépendantes des dépenses discrétionnaires. En termes de métriques de valorisation, certains acteurs matériels se négocient à des multiples EV/EBITDA à terme proches de leurs moyennes sur cinq ans, tandis que certaines sociétés logicielles natives cloud se traitent à des multiples de chiffre d’affaires à terme 30–50 % en dessous de leurs pics de l’ère pandémique. Ces écarts indiquent que les déclarations de principe sur la sous‑valorisation du « tech » masquent une variance intra‑sectorielle substantielle.
Il est aussi instructif de considérer la liquidité et la structure du marché. La rotation hors du momentum vers la valeur a influencé la volatilité intrajournalière et élargi les écarts acheteur/vendeur pour les petites capitalisations technologiques à la fin du T1 2026 ; les volumes d’échanges moyens quotidiens ont reculé d’environ 20 % pour les titres aux multiplicateurs les plus élevés par rapport aux niveaux de 2024 (données des bourses, T1 2026). L’illiquidité des valeurs de croissance faiblement traitées peut amplifier les mouvements de prix sur des flux marginaux ; par conséquent, toute décision qui traiterait le secteur de manière homogène risque de mal évaluer le risque d’exécution.
Implications sectorielles
Pour les grandes plateformes (AAPL, MSFT, GOOGL, AMZN), le réajustement de valorisation réduit la baisse potentielle aux niveaux actuels mais compresse aussi le rendement attendu du capital de croissance incrémental en l’absence d’une expansion significative des marges. Ces sociétés continuent de générer d’importants flux de trésorerie disponibles — Apple a déclaré un free cash flow sur douze mois glissants de l’ordre de dizaines de milliards et Microsoft affiche toujours des marges d’exploitation à deux chiffres — mais le marché exige désormais des preuves plus claires d’une réaccélération de la croissance du chiffre d’affaires ou d’une expansion supplémentaire des marges. En revanche, les entreprises technologiques de taille moyenne et petite
